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Kristallipullat (brioches cristallines)

Je vous parle beaucoup de brioches sur ce blog, mais c'est une des pâtisseries que les Finlandais réussissent le mieux. Elles sont toutes délicieuses, se conservent facilement et sont faciles à préparer pour un joli résultat. Comment résister ?  Aujourd'hui je vous présente ces "brioches cristallines" : une pâte légère aromatisée à la vanille et à la cardamome, une jolie couverture de beurre et de sucre, un goût à la fois riche et délicat... Miam !




Ingrédients :

Pour la pâte :
- 2 dl de sauce vanille/crème à la vanille liquide (vaniljakastiketta)
C'est une sauce facile à faire soi-même (des tas de recettes existent sur internet), mais elle se trouve aussi facilement toute faite en magasin.
- 1 dl d'eau
- 3/4 de dl/ 66 grammes de sucre (sokeria)
- 0,5 c. à soupe de sucre vanillé (vaniljasokeria)
- 0,5 c. à soupe de cardamome (kardemummaa)
- 0,5 c. à café de sel
- 1 sachet (11 grammes) de levure sèche (kuivahiivaa)
- 6 dl / 420 grammes de farine de blé (vehnäjauhoja)
- 50 g de beurre ou margarine

Pour le "glaçage" :
- 50 grammes de beurre ou margarine
- 1 dl de sucre (sokeria)
- 1 c. à soupe de sucre vanillé (vaniljasokeria)


Préparation :

1. Faire chauffer la sauce vanille et l'eau jusqu'à ce qu'elles soient tièdes. Ajouter le sucre, la cardamome et le sel, ainsi qu'un peu de farine mélangée à la levure. Mélanger, puis intégrer le reste de la farine et le beurre fondu. Faire une boule de pâte, couvrir et laisser reposer dans un endroit chaud pendant 30 à 40 minutes pour qu'elle gonfle. Si comme moi vous avez une machine à pain, mettre simplement tous les ingrédients (d'abord les liquides puis les solides) dans la cuve et enclencher le programme "pâte".  Si votre pâte ne gonfle pas, un petit tour au four à la température très très basse (tiède) peut aider.

2. Quand la pâte a gonflé, la malaxer un petit peu, en ajoutant un peu de farine si elle colle, puis la diviser en douze parties égales. Le plus simple est d'en faire un boudin, puis de diviser en deux, chaque partie en deux, et chaque quart en trois. Avec chacun des morceaux, rouler la pâte en un boudin assez fin et faire un nœud. Déposer chaque nœud sur une plaque de four couverte de papier sulfurisé et laisser reposer, si possible au chaud, pendant une demi-heure. Les nœuds vont à nouveau gonfler un peu. 

3. Mettre au four préchauffé à 225° pendant 8-10 minutes.  Les brioches doivent être légèrement dorée sur le dessus, mais pas de trop.

4. Quand les brioches sont cuites, les laisser refroidir un petit peu. Faire fondre la margarine ou le beurre pour le glaçage et mélanger le sucre avec le sucre vanillé. Prendre les brioches une par une, les badigeonner de margarine (le plus facile est d'utiliser un petit pinceau à pâtisserie) puis les enrober du mélange de sucres. Déposer sur un plat et laisser refroidir.

Ces brioches se conservent très bien au congélateur, elles seront délicieuses réchauffées au four à micro-ondes à 600W pendant une minute. Mais alors il vaut mieux ne procéder au glaçage que lorsqu'on les dégèle, sans quoi le sucre risque de fondre au four à micro-onde pour devenir un sirop gluant sous les doigts, beurk !





Bostonkakku (gâteau Boston)

Ca faisait longtemps que je voulais vous présenter le "Bostonkakku" (prononcer "Bostonne-kak-kou"), le gâteau Boston. J'ignore pourquoi il porte ce nom et si ça a un rapport quelconque avec la ville américaine, mais je l'ai toujours trouvé très joli avec sa forme de fleur et je soupçonnais, avec raison, qu'il est en réalité très facile à faire. C'est à nouveau la même recette de base que les korvapuustit (roulés à la cannelle) et autres petits pains à la cardamome dont ils raffolent par ici, avec cette fois-ci l'addition d'un peu de crème et de raisins secs. La recette originale se fait avec de la crème vanille ; ici, elle est remplacée par de la crème au citron, ce qui je trouve lui donne un arrière-goût très frais. L'ensemble est léger et onctueux, une sorte de brioche améliorée, et comme d'habitude très facile à faire pour un résultat franchement esthétique, vous ne trouvez pas ?  De quoi se faire passer pour un grand pâtissier à peu de frais !





Ingrédients :

Pour la pâte :
- 2,5 dl de lait
- 25 g de levure fraîche ou 1 sachet (11 g) de levure sèche
- 1 c. à c. de cardamome
- 1 pincée de sel
- 1 dl de sucre
- 1 oeuf
- 8 dl / 560 g de farine
- 75 g de beurre (ou margarine pour pâtisserie, "leivontamargariini") fondu

Pour la garniture intérieure :
- 75 g de beurre ou margarine fondu(e)
- 1 paquet (200 g) de "sitruunarahka", fromage blanc au citron
J'imagine qu'il est possible de remplacer cet ingrédient très nordique par du fromage blanc additionné de jus de citron, ou du yahourt épais au goût citron.
- 4 c. à soupe au sucre
- 1 c. à c. de canelle
- 1 dl (une petite tasse) de raisins secs

Pour le dessus :
- 1 oeuf
- un peu de sucre impalpable (tomusokeri)
- optionnel : du glaçage de sucre (du sucre impalpable mélanger à un petit peu de jus de citron ou d'eau). 


Préparation :

1. Si vous utilisez de la levure fraîche : dans un grand plat, faire fondre la levure dans le lait tiédi, puis ajouter les épices, le sucre, l'oeuf et un peu de farine. Mélanger puis laisser reposer quelques minutes. Ajouter ensuite le reste de la farine et le beurre fondu petit à petit. Si vous utilisez de la levure sèche, mélangez-là à la farine et procédez de la même façon. Quand la pâte est uniforme, laissez-la reposer au chaud (un four à température très très basse par exemple) pendant environ 40 minutes, pour qu'elle gonfle et double de volume.

Si comme moi vous possédez une machine à pain, c'est encore plus facile : mettez dans la cuve les ingrédients liquides (lait, beurre, oeuf) puis secs (farine, sucre, sel, cardamome et enfin levure sèche), engagez le programme "pâte" et laissez opérer la magie.

2. Quand la pâte a gonflé, la malaxer à nouveau un petit peu puis l'étaler au rouleau en un rectangle d'environ 50 x 35 cms. Etaler sur la pâte le beurre fondu, puis le fromage blanc, puis saupoudrer le sucre, la canelle et enfin les raisins secs.

3. Rouler la pâte dans trop serrer pour obtenir un long rouleau d'environ 50 cms. Couper en neuf
tranches de même largeur.

4. Déposer les petits rouleaux les uns à côté des autres dans un plat à tarte : les neufs sur le pourtour et le dernier au milieu. Ils ne prennent pas toute la place mais ce n'est pas grave, ils vont gonfler à la cuisson. Laisser reposer une quinzaine de minutes.

5. Battre le dernier oeuf et en tartiner généreusement le dessus du plat, puis mettre au four à 200 degrés pour environ 30 minutes.

6. Quand le gâteau est cuit, laisser refroidir puis saupoudrer de sucre glace (un tout petit peu) et éventuellement garnir avec du glaçage. 





Munkki (beignet du premier mai)

Le premier mai, que l'on appelle "Vappu", est une fête tellement importante ici en Finlande qu'elle est associée à non pas une, ni deux, mais bien trois traditions culinaires. Je vous ai en ai déjà présenté deux : les "tippaleivät" et le "sima" (dont j'ai aussi proposé deux variations). Voici la troisième : les "munkit" (prononcer : moune-kit).

Comme le tippaleipä, le munkki est un beignet cuit dans l'huile chaude. Sa forme est plus classique : c'est celle des "doughnuts" américains. Si j'ai bien compris, c'est aussi l'origine de leur nom : "munkki" veut dire "moine", et le nom du dessert ferait référence à leur tonsure en forme de cercle. La recette est, comme toujours, simple à réaliser. Elle sera d'ailleurs familière aux habitués de la pâtisserie finlandaise : la pâte est la même que celle des "pullat" et de leurs nombreuses variations. Le résultat a donc la particularité, par rapport aux beignets que nous connaissons, d'avoir une consistance plus proche de celle du pain et d'être assaisonné à la cardamome. Croyez-moi, c'est délicieux ! 

Je vous propose une recette avec les plus petites quantités possibles, ce qui donne quand même neuf gros beignets. Gardez aussi à l'esprit que cette pâte sèche en quelques heures quand le beignet est laissé à l'air libre. Mais si vous en avez trop, ce n'est pas grave : ne les sucrez pas (dernière étape de la recette) et congelez-les. Ensuite, un petit tour au four à micro-onde leur rendront (presque) toute leur fraîcheur. Il suffit alors de les sucrer dès qu'ils sont chauds et ils tomberont à point pour satisfaire une petite envie de douceur ! 





Ingrédients :

- 2,5 dl de lait
- 25 g. de levure fraîche ("hiiva")
- 0,75 dl / +/- 70 g. de sucre
- 0,5 c. à soupe de cardamome en poudre
- 0,5 c. à café de sel
- 1 oeuf
- 0,5 dl de beurre ou margarine fondu(e) - ça fait à peu près 50g.
- à peu près 7 dl / 500g de farine
- de l'huile de friture
Pour la garniture :
- du sucre
- glaçage : du jus de fruit rouge, du sucre glace, des perles en sucre ou autres garnitures


Préparation :

1. Faire tiédir le lait jusqu'à ce qu'il ait la température de votre main. Le verser dans un grand bol. Y dissoudre la levure.

2. Ajouter le sucre, la cardamome, le sel, l'oeuf et la margarine ou le beurre fondu (mais pas chaud). Battre. 

3. Ajouter la farine petit à petit. Quand la pâte devient solide, la mélanger à la main. Continuer à ajouter de la farine jusqu'à ce que la pâte ne colle plus aux mains et au bol. 

4. Mettre le plat dans un endroit relativement chaud, par exemple près d'un radiateur, pendant une demi-heure. Elle doit monter et doubler, voire tripler de volume. Comme la température chez moi n'est pas assez élevée, mon truc est de mettre le plat au four préchauffé au minimum puis éteint, en ouvrant la porte régulièrement pour que la température reste autour de 35°, pas plus. Un autre moyen : un long passage au four à micro-ondes à la puissance minimum. 


5. Quand la pâte a monté, la diviser en 9 ou 10 morceaux égaux et en faire de petits boules. Laisser à nouveau reposer pendant 30 minutes (à température ambiante cette fois-ci). 


6. Percer un trou au milieu de chaque boule et l'agrandir en y glissant deux doigts, pour donner au beignet sa forme d'anneau. Faire chauffer l'huile de friture, soit dans une friteuse, soit dans une casserole. L'huile doit atteindre 180° ; c'est le cas quand un petit morceau de pâte jeté dans l'huile provoque immédiatement un crépitement et des petites bulles, et brunit en moins d'une minute.

7. Faire cuire les beignets un à un (ou deux à deux s'il y a la place dans le récipient). Ils vont flotter, légèrement gonfler et prendre une jolie forme bien ronde. Faire cuire d'un côté pendant une à deux minutes, jusqu'à ce que le côté dans l'huile ait pris une belle couleur brune ; retourner et faire cuire l'autre côté de la même façon.

8. Quand le beignet est prêt, le déposer sur du papier absorbant pour qu'il refroidisse un peu, puis le sucrer. Il faut attendre pour ça le moins possible, car l'huile chaude permet au sucre d'adhérer au beignet. Comment sucrer uniformément sans se brûler ?  Il y a un truc : prendre un petit sachet en plastique bien propre, par exemple un sac de congélation, et y verser une bonne dose de sucre (pas du sucre glace, du sucre normal). Y glisser le beignet, fermer le sac, le secouer dans tous les sens, et le tour est joué ! 

9. Pour les amateurs de sucre, vous pouvez garnir vos beignets d'un glaçage : mélanger quelques un tout petit peu de jus de fruit rouge avec une belle quantité de sucre glace, puis verser le mélange sur un beignet refroidi. Saupoudrer de garniture au choix : perle de sucre, noix de coco râpée,...  Puis laisser reposer jusqu'à ce que le glaçage ait durci.









Variations de simas : sima pamplemousse et sima orange-gingembre

Je vous ai déjà présenté la recette du sima, cette boisson de "Vappu", le premier mai. Il s'agit d'un jus de citron dilué et légèrement fermenté. J'aime beaucoup le sima car c'est facile à faire, original et délicieux, quelque chose entre la limonade et la bière légère que l'on aurait la fierté de "brasser" soi-même. J'en fais tous les ans, mais cette année, sur les conseils d'une connaissance sur twitter, j'ai tenté deux variations : le sima au pamplemousse et le sima à l'orange et au gingembre. Ces deux petites modifications sont très réussies et changent un peu de la recette originale. Le pamplemousse rend le sima un tout petit peu plus amer, l'orange et le gingembre lui donnent un arrière-goût de limonade avec une touche de piquant. Je sens que je tenterai d'autres fruits encore, mais pour le "Vappu" de cette année, je vous offre mes deux nouvelles recettes ! 






Ingrédients (pour 2 litres) :
- 1 citron
- 1 pamplemousse / 2 oranges + 50g de gingembre frais
- 2 dl de sucre
- 1 dl de sucre "farine" (fariinisokeri)
Ce qu'on appelle ici le sucre farine est une préparation de sucre et de sirop de sucre brun. Il s'apparente à la cassonade mais techniquement est plus proche de la vergeoise brune, il est un peu collant et a une odeur assez forte. Le produit finlandais est en vente ici.
- 0,25 dl de sirop de sucre brun (tumma siirapi)
- Un quart de cuillère à café de levure fraîche ("hiiva")
- quelques raisins secs

Matériel particulier :
- une bouteille de deux litres vide
- un entonnoir
- un tamis fin.


Préparation :

1. Porter l'eau à ébullition.

2. Pendant ce temps, nettoyer les citrons sous l'eau froide en les frottant avec une petite brosse. Prélever les zestes des citrons (la surface jaune de la peau) et les mettre de côté. Peler avec un couteau toute la peau blanche des citrons, puis les couper en rondelles.  Faire la même chose avec le pamplemousse et l'orange. Peler et râper le gingembre.

3. Mettre les rondelles et les zestes de fruits, le gingembre, les deux types de sucre et la mélasse dans un récipient pouvant contenir cinq litres d'eau et verser par au-dessus l'eau bouillante. Mélanger jusqu'à ce que le sucre ait complètement fondu. Laisser refroidir jusqu'à ce que le liquide ait à peu près la température de la main. Il a une couleur orange-brunâtre, à cause du sucre brun et de la mélasse.


4. Mélanger la levure dans un peu d'eau et ajouter à la préparation. Couvrir le récipient d'un couvercle ou de papier. Laisser reposer à température ambiante pendant une journée.

5. Verser la préparation dans des bouteilles, en filtrant son contenu pour qu'il ne reste que le liquide; j'ai utilisé pour cela une fine passoire métallique. Ajouter dans chaque bouteille une petite cuillerée de raisins secs et une cuillère à café de sucre. Fermer les bouteilles et les laisser reposer pendant toute une semaine dans un endroit frais ou froid (à l'extérieur, au frigo...). Attention: penser à ouvrir le bouchon des bouteilles pendant quelques secondes une ou deux fois par jour, pour évacuer le gaz qui se forme pendant la macération. C'est important, sans ça les bouteilles risquent d'exploser !

6. Quand la boisson est prête, les raisins ne coulent plus au fond mais flottent à la surface du liquide. Quels que soient les fruits utilisés, le sima est alors orange tirant vers le brun clair, il mousse comme de la bière (ne pas secouer la bouteille avant de l'ouvrir...). Servir bien frais, en enlevant éventuellement les raisins qui sont un peu amers.



 

Pasha (dessert de Pâques)

La véritable spécialité finlandaise pour Pâques, c'est le mämmi. Moi, j'aime beaucoup, mais ce n'est malheureusement pas le cas de tout le monde... Heureusement, il y a un autre dessert traditionnel pour embellir le repas pascal : le pasha.

Le pasha est au départ un dessert russe connu sous le nom de "paskha".  Traditionnellement, il est fait à base de "tvorog", une sorte de fromage blanc fait à base de lait aigre cuit puis égoutté, qu'on appelle le "paneer" en Inde, le "quark" en Allemagne ou le "cottage cheese" en Grande-Bretagne.  Les Finlandais ont adopté ce produit sous le nom de "(maito)rahka" et en ont profité pour intégrer le "pashka" à leur gastronomie pascale.

Comment décrire le goût de cette pyramide à la consistance plus solide que celle du yahourt ?  Le pasha est sucré, légèrement vanillé et garni d'amandes en morceaux et de raisins secs, mais le fromage aigre et une touche de jus de citron évitent l'écoeurement. Il est crémeux et fond dans la bouche mais se tient bien sur l'assiette.  On peut le garnir de fruits frais ou confits pour lui apporter un peu de couleur, mais son goût se suffit par lui-même.  Et, pour mon plus grand bonheur, il est très simple à réaliser. On y va ?




Ingrédients (pour environ 4 portions) :

- 250g de "maitorahka"
Le maitorahka est une sorte de fromage blanc (voir plus haut). On m'a dit qu'il se remplaçait très bien par de la faisselle, vous pouvez aussi tenter avec du fromage blanc aigre. 
- 100g de beurre fondu (mais pas chaud)
- 1 jaune d'oeuf 
- 1dl /  88g de sucre
- 3 c. à café de sucre vanillé
- 2 dl de crème liquide 
- le jus d'un-demi citron (environ 3 cuillères à soupe)
- 2 c. à soupe d'amandes hachées (ou effilées)
- 2 c. à soupe de raisins secs
Pour décorer : amandes, raisins secs, fruits confits.


Matériel : 

Le pasha se fait traditionnellement dans un joli moule en bois en forme de pyramide tronquée, percé sur le dessus, que l'on tapisse de gaze.  Le dessert doit reposer une nuit dans son moule posé à l'envers sur un support, car la plus grande quantité possible de liquide présent dans la crème et le "rahka" doit s'évacuer par le fond ou être absorbé par la gaze.


Evidemment, ce genre de moule est difficile à trouver (même en Finlande), alors il faut faire avec les moyens du bord. En ce qui me concerne, j'ai fait quatre petites portions individuelles. Pour remplacer le moule, j'ai utilisé des petits pots de fromage "Chavroux" dont j'ai percé le fond de petits trous, et j'ai remplacé la gaze par du filtre à café, le tout posé à l'envers sur des tasses à café. C'est plus simple que ça en a l'air, et tout autre récipient percé (par exemple, un pot de yahourt) fera l'affaire. Pour un dessert grand format, certains recommandent d'utiliser le filtre de la cafetière (avec son filtre papier) ou même un pot de fleurs. Pourquoi pas ?


Préparation :

1. Tapisser le moule de gaze propre et le poser par-dessus un support qui pourra récupérer le liquide qui s'écoulera (voir "matériel"). 

2. Battre la crème au batteur électrique jusqu'à ce qu'elle devienne solide (autrement dit, en faire de la crème chantilly). Ca ne fonctionnera que si elle est bien froide, il vaut donc mieux la sortir du frigo au dernier moment.

3. Dans un autre récipient, battre le beurre avec le sucre et le sucre vanillé jusqu'à ce que le sucre soit le mieux dissout possible. Ajouter le jaune d'oeuf, puis le jus de citron, le "maitorahka", les amandes et raisins, et finalement la crème battue.

4. Verser le mélange dans le moule et laisser reposer toute une nuit au frigo. Du liquide s'écoulera par le fond et sera absorbé par la gaze. Le lendemain, le pasha aura pris une consistence plus solide et pourra être facilement démoulé sur une assiette. Décorer à volonté avec des fruits confits. 




Suppilovahverokeitto (soupe aux chanterelles en tube)


Je pense vous l'avoir déjà dit : l'automne est une saison faste en Finlande, la nature jette ses derniers feux avant de s'endormir pour quelques mois. Sur quelques semaines sortent de terre toutes sortes de bonnes choses à cueillir : les myrtilles (en août), puis les chanterelles, des tonnes d'airelles, des champignons à foison... et parmi eux, les "suppilovahvero", les petites frères des chanterelles dorées que je vous ai déjà présentées. Elles se ressemblent beaucoup, avec leur forme évasée ("suppilo" veut dire entonnoir), mais celles-ci sont brunes. 


Je vous propose donc une nouvelle recette automnale, qui combine ces chanterelles en tube avec un fromage typiquement finlandais, l'Aura - un bleu moins fort que le roquefort. Si vous cherchez à le remplacer par un autre fromage, faites attention à ne pas étouffer le goût des champignons !





Ingrédients :

- 1 litre (environ 250g) de chanterelles en tube
- 1 oignon
- 1 demi litre de bouillon de légume (ou un demi litre d'eau + un cube de bouillon)
La recette que l'on m'a donnée comportait deux cubes, mais j'ai préféré me limiter à un pour ne pas que la soupe soit trop salée. A voir en fonction des goûts ! 
- 1/2 morceau (c'est à dire environ 80 grammes) d'Aurajuusto
- 2 dl de crème liquide à cuisiner



Préparation :

1. Nettoyer les champignons et les couper en morceaux. Eplucher et hacher finement l'oignon.  

2. Faire revenir l'oignon avec un peu de matière grasse. Ajouter les champignons et faire encore revenir deux ou trois minutes. Ajouter ensuite le bouillon et le fromage.

3. Laisser mijoter une vingtaine de minutes, en mélangeant régulièrement et en écrasant le fromage pour l'aider à fondre. Ajouter ensuite la crème fraîche et laisser cuire encore dix minutes. Saler et poivrer si nécessaire.




Pannukakku (crêpes au four)

Je vous ai écrit dans le billet précédent que la cuisine finlandaise se caractérise par une utilisation immodérée du four, y-compris une technique très particulière qui consiste à utiliser la lèchefrite comme moule à gâteau. Voici encore un excellent exemple de cette habitude : les Finlandais vont jusqu'à faire cuire leur crêpes de cette façon !

Avant de commencer, je l'admets tout de suite : ce plat n'est pas vraiment une "crêpe", affirmer le contraire risquerait de me mettre toute la Bretagne sur le dos. C'est plutôt un espèce de gâteau dense et fin, dont le goût dépendra surtout de la garniture que vous choisirez.  Si je me permets cette traduction, c'est d'une part parce que c'est bien la traduction littérale (pannukakku = pancakes = crêpes), même si le mot se décortique en "pannu" (poêle) et kakku (gâteau), ce qui correspondrait mieux à nos crêpes cuites à la poêle. Les mystères de l'étymologie...  D'autre part, la pâte à pannukakku est au final de la pâte à crêpe. Enfin, les pannukakku se mangent comme des crêpes : surmontées de confiture ou de sucre, elles remplacent un repas.

Alors quel est l'intérêt de cuire notre crêpe au four ?  Le gain de temps, pardi !  Pas besoin de jongler avec une ou deux poêles pendant des heures pour nourrir toute la petite famille, une demi-heure au four et c'est prêt.  Chacun découpe un morceau de la taille qui lui convient le mieux. Familial, pratique et très simple, tout à fait finlandais.  A essayer un jour de flemme...





Ingrédients : 

- 4 dl / 280g de farine de blé
- 1,5 dl / 130g  de sucre
- 1 c. à café de levure chimique
- 1 c. à café de sel
- 1 c. à café de sucre vanillé
- 8 dl de lait
- 2 oeufs
- 100 g de beurre (ou de margarine à pâtisserie, comme ils utilisent ici).


Préparation :

1. Dans un grand plat, mélanger les ingrédients secs : farine, sucre, levure, sel et sucre vanillé. Faire fondre le beurre.

2. Ajouter aux ingrédients secs les oeufs, le beurre fondu et puis le lait, petit à petit, en battant pour éviter les grumeaux. Petite astuce : si vous obtenez des grumeaux malgré tout, n'hésitez pas à y plonger le mixer pour la soupe...

3. Tapisser la lèchefrite avec du papier sulfurisé. Y verser le mélange, puis glisser au four à 200 - 225° pour environ une demi-heure.

4. Quand c'est prêt, couper des rectangles de "gâteau" pour que chacun puisse se servir. On mange ceci surmonté de confiture, voire de chantilly pour les plus gourmands.







Mokkapalat (gâteau moka)

Parfois il est difficile de traduire le titre d'une recette. "Mokkapalat", littéralement, ça se traduit par "morceau de mokka", et je pense que "mokka" est la traduction de la variété de café qu'on appelle en français le "moka".  Les "morceaux" expriment le fait que ce gâteau se prépare sur une grande plaque de four et, peu épais, se coupe ensuite en petits carrés pour être servi. 


Comme souvent, je ne suis pas sûre de l'origine purement finlandaise de cette recette et j'en ai croisé des versions un peu différentes notamment sur des sites américains. Mais elle remplit mes critères : c'est une gourmandise très courante par ici, inconnue dans ma Belgique d'origine, et représentative d'une technique de cuisine que j'ai croisée plusieurs fois dans des recettes finlandaises, à savoir utiliser la lèchefritte du four comme un moule à gâteau.  C'est aussi une recette extrêmement facile à réaliser, rapide, et qui tombe tout à fait à point lorsque vous avez des invités.  Que demander de plus ?


Ingrédients

Pour la pâte :
- 5 dl / 350g de farine de blé
- 4 oeufs
- 3 dl / 260g de sucre
- 2 dl de lait
- 200g de beurre
- 3 c. à soupe de cacao en poudre (pas de Nesquick, du vrai cacao amer, par exemple du Van Houten)
- 3 c. à café de levure chimique
- 2 c. à café de sucre vanillé

Pour le glaçage :
- 4,5 dl / 270g de sucre glace
- 50 g de beurre
- 5 c. à soupe de café fort (j'ai utilisé de l'espresso)
- 1 c. à soupe de cacao
- 2 c. à café de sucre vanillé
- quelques garnitures en sucre (perles, etc) pour gâteau


Préparation :

1. Préchauffer le four à 200°.  Faire fondre le beurre pour la pâte (par exemple au four à micro-ondes) et le laisser refroidir.  Dans un plat, battre énergiquement le beurre et les oeufs avec le sucre pour dissoudre ce dernier le plus possible. Ajouter le lait.

2. Mélanger dans un autre plat les ingrédients secs de la pâte : farine, cacao, sucre vanillé, levure chimique. Lorsqu'ils sont bien mélangés, les rajouter au mélange beurre-sucre-lait et battre jusqu'à ce que la pâte soit homogène.

3. Tapisser la lèchefritte du four avec du papier sulfurisé. Y verser la pâte. L'étaler avec une spatule ; j'ai fait ça très consciencieusement, mais en réalité ce n'est pas très important parce que dans le four la pâte va s'étaler d'elle-même. Mettre au four pour 15 minutes.

4. Pendant les cinq dernières minutes de la cuisson, préparer le glaçage : faire fondre le beurre et mélanger avec les autres ingrédients.

Avant cuisson
Après cuisson

5. Lorsque le gâteau sort du four, le laisser sur la plaque. Y verser le glaçage rapidement et l'étaler avec une spatule. Au début le glaçage est très liquide, mais en refroidissant il se durcit rapidement, il ne faut pas perdre de temps pour l'étaler en faisant en sorte que tout le gâteau soit recouvert. Saupoudrer des garnitures puis laisser complètement refroidir.

Pour servir, couper la plaque en morceaux rectangulaires.  Le mieux est de couper au moment de servir, pas avant, pour éviter que le gâteau ne sèche sur les bords.  Si vous souhaitez conserver les morceaux plus longtemps, les garder à l’abri de l'air.







Spaghettis et sauce brune

Aujourd'hui, je vous conduis dans les couloirs secrets de la cuisine familiale finlandaise, à la rencontre d'une recette si confidentielle que tout le monde la connaît mais que personne n'en parle. La pauvre n'a même pas de nom !  Par contre, elle a une jolie histoire...

Quand je suis arrivée en Finlande, mon compagnon finlandais m'a parlé de son plat d'enfance préféré.  Il s'agissait de spaghettis accompagnés d'une sauce brune dont il savait juste qu'elle contenait du ketchup. Sa maman réalisait cette recette depuis toujours et de mémoire, au pif.  Il n'avait jamais réussi à la reproduire. Alors un jour où nous mangions avec ses parents, j'ai demandé à la maman de faire la recette devant moi, j'ai pris des notes, évalué la quantités, et après un ou deux essais j'ai moi aussi réussi à préparer cette sauce étrange, à mi-chemin entre bolognaise sans tomate et béchamel à l'eau. J'étais un peu sceptique mais en réalité, ce plat est aussi facile que délicieux et depuis lors nous le préparions régulièrement.

Je ne vous en aurais pourtant pas parlé sur ce blog puisqu'apparemment il s'agissait d'une invention familiale, si un jour, mon compagnon n'était revenu du bureau avec une nouvelle dont il ne se remettait pas. En discutant avec ses collègues, ils en étaient venus par hasard à parler de la cuisine de leur enfance. Et là, surprise : la plupart d'entre eux connaissaient cette même sauce brune... et tous pensaient que leur propre maman l'avait inventée !   Depuis lors j'ai fait une mini-enquête autour de moi et en effet, la plupart des Finlandais que j'ai interrogés connaissent cette sauce qui accompagne soit les spaghettis, soit les pommes-de-terre. Par contre, personne ne semble savoir son nom, et par conséquent je ne peux pas vérifier sur google que cette recette est bien finlandaise.

Mais bon, voilà un plat délicieux et original, le genre de choses que vos gamins vont adorer. Une recette dont je n'avais jamais entendu parler avant d'arriver en Finlande mais qu'ici tout le monde semble connaître - tout en la considérant comme un secret de famille. Alors j'estime qu'elle a sa place ici !
 




Ingrédients :

- 400 g. de viande hachée porc-boeuf
- 1 oignon
- 2 c. à soupe de sauce soja
- 3 c. à soupe de ketchup
- environ 25g de beurre
- 2 c. à soupe de farine
- un demi cube de bouillon de boeuf
- 3 dl d'eau


Préparation :

1.  Dans une grande poêle ou un faitout, faire revenir l'oignon dans un petit peu de beurre ou de matière grasse pour qu'il devienne transparent. Ajouter la viande hachée et la griller tout en la divisant en petits morceaux, jusqu'à ce qu'elle soit entièrement brune.  Ajouter la sauce soja et le ketchup, mélanger, puis verser le contenu de la poêle dans un autre récipient.  Réserver.

2. Remettre la poêle sur le feu et y faire fondre le beurre. Ajouter la farine et bien mélanger puis laisser griller brièvement. Se munir d'un petit fouet, ajouter l'eau (froide) et le demi-cube de bouillon, puis battre pour dissoudre le tout dans l'eau (comme pour une béchamel). Continuer à battre jusqu'à ce que la sauce épaississe.

3. Quand la sauce est épaisse et homogène, couper le feu sous la poêle. Y verser la viande et son jus et mélanger. Servir avec des spaghettis ou des pommes-de-terre.




Pyttipannu

Le pyttipannu (prononcer : pute-ti-pas-nous) est un plat que je voulais vous présenter depuis longtemps. C'est le niveau zéro de la difficulté et le niveau +1000 du remplissage d'estomac, le plat idéal pour un dimanche soir, quand il est temps d'évacuer les restes de la semaine mais que l'on n'a pas le courage de se lancer dans de la grande cuisine.  Tous les Finlandais en ont mangé, mais tous ceux que j'ai rencontré froncent le nez quand ils en trouvent sur la carte d'un restaurant. Le plat familial, rustique, par excellence.

Plus qu'une tradition finlandaise, c'est un plat répandu dans toute la Scandinavie. Le nom vient du suédois "pytt i panna" qui signifie "petits morceaux à la poêle". Et c'est exactement ce dont il s'agit : des petits cubes de pommes-de-terre, oignon et viande rissolés.



Évidemment, comme toutes les recettes très répandues, il existe une myriade de versions différentes. Certains y mettent de l'ail, des petits pois, des câpres, différents types de viandes, il y a même des versions au poisson ou végétariennes. Je me suis contentée de reprendre le dénominateur commun de toutes les recettes que j'ai croisées pour vous présenter la version finlandaise la plus typique possible.


Ingrédients (pour une grosse assiette comme celle sur la photo)  :

- 1 oignon
- 2 pommes-de-terre (bien fermes)
- 1 "lenkkimakkara", saucisse typique finlandaise, ou une autre saucisse à barbecue
- 100g de jambon fumé (facultatif, la saucisse suffit)
- un petit bouquet de ciboulette (facultatif, c'est surtout pour la couleur)
- un oeuf
- de la matière grasse
- sel, poivre
Accompagnement :
- un cornichon au vinaigre
- une betterave rouge marinée



Préparation :

1. Faire cuire les pommes-de-terre à l'eau. Attention à arrêter la cuisson quand elles sont encore fermes.  Les refroidir puis les couper en petits cubes.

2. Couper l'oignon en morceaux (pas trop fins), la saucisse et le jambon fumé en petits morceaux ou cubes. 

3. Faire cuire l'oignon dans une poêle bien chaude avec de la matière grasse. Ajouter les pommes-de-terres et la viande. Faire rissoler en mélangeant régulièrement jusqu'à ce que les morceaux de viande et de pommes-de-terre soient bien dorés. Saler, poivrer.

4. Servir la poêlée sur une assiette et saupoudrer de ciboulette hachée.  Remettre la poêle sur le feu avec un peu de matière grasse et faire cuire l'oeuf sur le plat.

5. Déposer l'oeuf sur le mélange rissolé. Accompagner du cornichon et de la betterave coupés en petits morceaux.